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jeudi 24 juillet 2008


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Les Allergies > Informations Générales > Allergologue

Aujourd'hui, avec le développement des allergies, l'allergologue occupe une place à part et entière au sein de la médecine. Sa particularité, c'est de placer l'homme, son patient, au centre de ses réflexions : l'homme en tant qu'organisme vivant composé de multiples organes liés entre eux, car l'allergie se manifeste souvent de multiples façons. L'homme en tant qu'être vivant dans un environnement spécifique qui agit sur son allergie.

Définition de l'allergologie

L'allergologie est une spécialité de fonction prenant en charge les maladies provoquées par une réponse spécifiquement différente de l'organisme à son environnement normalement bien toléré.

Il s'agit d'une discipline transversale, touchant à l'ensemble de l'organisme en tant qu'entité. En effet, les pathologies allergiques atteignent tous les organes : principalement appareil respiratoire, appareil digestif, peau et muqueuses, séparément ou bien consécutivement voire concomitamment.

Il s'agit aussi d'une discipline qui attache beaucoup d'importance à l'environnement. L'allergologie doit donc en effet gérer les difficultés de relation de l'homme avec tout ce qui l'entoure et se modifie de plus en plus rapidement : la nature, la nourriture, l'habitat, les fréquentations, le progrès....

L'allergologue : un médecin spécialisé

L'allergologue est à la base un médecin (généraliste ou spécialiste) qui a suivi une formation complémentaire spécifique en Allergologie. Cette formation, instituée par la Loi, dure 2 ans et est sanctionnée par un diplôme, ou "Capacité Nationale". Les médecins qui exercent l'allergologie doivent être qualifiés par le Conseil National de l'Ordre des Médecins et peuvent pratiquer l'allergologie :

-

soit de manière exclusive

-

soit dans le cadre d'une spécialité d'organe, le code de déontologie les limitant alors à l'exercice de l'allergologie de leur spécialité d'origine (dermatologie, médecine interne, ophtalmologie, ORL, pédiatrie, pneumologie).

Quelles missions pour l'allergologue ?

La spécificité de l'allergologue est de raisonner sur un mode d'expression particulier de défense exacerbée du malade allergique, qui ne tolère pas ou plus son environnement naturel. L'allergologue dont donc faire le lien entre des symptômes qui peuvent paraître éloignés et des "agressions de l'organisme" qui semblent n'avoir aucun lien entre elles. Trois grandes orientations définissent l'activité de l'allergologie :

1.

La prise en charge de l'allergique dans son environnement propre

au sens large impliquant les étapes suivantes :

 

diagnostique

-

par un interrogatoire médical classique, mais également sur l'environnement personnel, professionnel, le mode vie

 

 

-

par la mise en œuvre de tests orientés

 

 

-

par la confirmation du diagnostic par l'établissement d'une pertinence entre les éléments découverts et leur responsabilité dans la pathologie stratégique

 

stratégique

-

par la mise en place d'un traitement adapté, non seulement médicamenteux, mais également des mesures diététiques, des conseils environnementaux, afin de limiter l'évolution de la maladie allergique dans le temps

 

 

-

par l'aide sur le plan administratif mais également médico-légal, dans la déclaration de certaines pathologies professionnelles éducatif

 

éducatif

-

par l'enseignement des mesures préventives adaptées

 

 

-

l'explication des traitements dans leur mode d'action pour mieux comprendre l'intérêt de traitements souvent longs et la manière optimum de les effectuer

 

 

-

conseils génétiques

 

 

 

2.

Rôle de santé publique

par le suivi de l'évolution de la prévalence des allergènes avec l'évolution du mode de vie, et l'apparition de nouveaux allergènes ou l'extension des allergies croisées , amenant à une mise à jour fréquente des connaissances par les médecins allergologues ; en corollaire, l'allergologue est un des maillons important de la pharmacovigilance visant à améliorer l'utilisation des médicaments

3.

Rôle socio-éducatif

pour participer à l'amélioration des structures publiques (crèches, écoles, cantines, centres de loisirs) ou professionnelles avec une implication importante au niveau de la médecine du travail.

Une relation privilégiée avec le patient allergique

Le rôle de l'allergologue est très étendu, ayant l'ambition de prendre en charge le malade allergique dans sa globalité, non seulement en tant que patient mais en tant qu'être humain à part entière et de l'aider à améliorer sa qualité de vie avec les mesures les plus adaptées et les plus simples possibles ; cela explique donc que les consultations soient longues, curieuses à la limite de l'indiscrétion, et que le diagnostic ne puisse pas toujours être porté rapidement précisément ; cela demande donc, de la part de l'allergique, de la patience, de l'observation, de la mémoire, de la curiosité et une confiance à la limite de la confession car des indices mineurs mènent souvent au diagnostic ou orientent correctement le bilan.

L'allergologie demande donc une participation entière sans retenue entre le patient allergique et l'allergologue.

(1) dans les pays occidentalisés, 15 à 30% de la population est allergique, 3 à 12% de la population est asthmatique; l'incidence de l'allergie augmente de 50 à 80% tous les dix ans et cette pathologie est classée en quatrième position de problème de Santé Publique par l'Organisation Mondiale de la Santé. Les formes graves d'allergie augmentent de façon importante.

Gardez à l'esprit qu'on soupçonne rarement l'origine allergique d'une maladie. Dans le cas des allergies alimentaires, il est parfois difficile de déterminer quel aliment est à l'origine des symptômes. Il y en a tellement ! Pour vous aider, voici quelques "trucs" simples mais efficaces :

  1. Documentez-vous sur l'allergie, son mécanisme, ses différentes sortes, ses manifestations ...

  2. observez votre environnement : mon habitation est-elle humide, sujette à des moisissures ? Y a-t-il un champs à proximité qui enverrait des pollens dans l'atmosphère ? Suis-je entouré de lacs, bois, ... ? Ma literie (matelas, couvertures, draps ...) est-elle récente ou ancienne ? Ai-je ou ai-je eu des animaux domestiques dans les 5 dernières années ?

  3. observez la fréquence de vos symptôme : combien de fois êtes-vous malade par hiver. Consultez-vous fréquemment un ORL, un dermatologue ? S'il s'agit de votre enfant, va-t-il souvent chez le pédiâtre ? Y a-t-il un lien entre vos symptômes et une situation particulière : la nuit, le printemps, la visite de la tante et de son chat, le soleil, la pluie, la consommation de tel aliment ... ?

  4. Interrogez vos parents pour vérifier s'il existe des cas d'allergie parmi vos ascendants.

  5. Votre métier vous expose-t-il à des substances potentiellement allergisantes, comme on en trouve dans la métallurgie, le bâtiment, les minoteries, les professions médicales ...

Si cette observation minutieuse soulève un doute chez vous, vous pouvez en faire part à votre médecin traitant ou à votre allergologue.

Chaque allergologue a ses propres habitudes de consultation qui peuvent différer de celle indiquée ci-après. Toutefois, en général, voici comment se déroule une séance type. Lors de votre première séance de consultation, votre allergologue va vous interroger pour essayer de déterminer s'il existe dans votre histoire personnelle des soupçons de causes allergique. C'est pour cela que tout votre travail préalable d'observation lui sera très utile. Ses questions lui permettront aussi de "cadrer" au maximum ses recherches futures parmi toutes les sortes d'allergies possibles.

S'il existe une présomption, votre allergologue va ensuite tester certains allergènes parmi les quelques 400 officiellement dénombrés. C'est la séance des prick tests (ou test cutanés) : l'allergologue va vous injecter de très faibles doses de plusieurs allergènes (généralement sur les bras) et vérifier au bout d'environ 20 minutes si certaines piqûres présentent une inflammation. Ce test n'est pas douloureux, rassurez-vous. Les tests aux Patch consistent à plaquer des substances sur le dos et à vérifier (en général au bout de 48h) si des réactions locales existent. Si vous suivez un traitement médical pour votre allergie, il est préférable de le signaler au médecin allergologue environ une semaine avant pour ne pas fausser les résultats. La lecture des résultats est complexe et est de la compétence du médecin qui les pratique.

Les prick tests ou les patch tests ne permettent parfois pas à l'allergologue de poser un diagnostic fiable. En effet les réactifs disponibles ne sont pas tous d'égale qualité. C'est le cas pour les fruits et légumes, pour lesquels il est indispensable de faire les tests avec des aliments natifs [NDLR : les aliments eux-mêmes que vous avez chez vous et que vous apportez chez votre allergologue]. Pour certains allergènes, il n'existe tout simplement pas de réactifs disponibles. Pour approfondir son examen, l'allergologue pourra vous prescrire des analyses sanguines consistant à vérifier la présence dans votre sang d'immunoglobines E (les fameuses IgE) spécifiques de l'allergène suspecté ...

Si votre allergologue décèle chez vous des difficultés respiratoires caractéristiques d'un asthme, il pourra réaliser une exploration fonctionnelle de votre système respiratoire (ou EFR). Sans rentrer dans les détails, il vous fera souffler de différentes façons dans l'embout d'un capteur relié à un écran informatique. Puis, il comparera les résultats obtenus avec des moyennes correspondant à votre profil (homme, femme, enfant, race, fumeur, taille, poids ...).

[Dr Guégnolle] Contrairement à une idée reçue, il n'est pas nécessaire d'attendre que les jeunes enfants aient atteint un certain âge pour pratiquer sur eux de tests cutanés fiables. On peut - on doit même - tester les enfants le plus tôt possible dès que des symptômes suspects apparaissent. On teste sans aucun problème les tous petits nourrissons dès 3 mois et les tests sont tout aussi fiables que chez le grand enfant - et souvent plus que les dosages sanguins.

Notre impatience à connaître l'origine précise de notre allergie est bien légitime. Quand il s'agit de nos bambins, cette impatience peut vite devenir insoutenable.

Or, le diagnostic d'une allergie n'est pas toujours facile. Il peut s'avérer long, compliqué et emprunter des chemins tortueux. Surtout, ne désespérez pas. Soyez patients et persévérants.

Voici quelques exemples extraits du livre "Allergies, le nouveau fléau ?" du Dr Pierrick Hordé, où le diagnostic n'a pu être trouvé qu'avec la perspicacité de l'allergologue et de l'allergique :

Une jeune femme présente une urticaire chronique depuis plusieurs mois. Les épisodes ont débuté en plein été, ont disparu tout l'hiver, mis à part une seule poussée, pour réapparaître l'été suivant. Le diagnostic d'allergie au poisson, d'abord évoqué, est éliminé après la négativité des tests cutanés et sanguins. Une tentative de réintroduction du poisson qui avait été exclu de son alimentation n'entraîne aucune manifestation. La poursuite du bilan révèle une allergie au baume du Pérou présent dans la crème solaire utilisée par la jeune femme pendant l'été. Mais la poussée d'urticaire durant l'hiver ne peut pas s'expliquer puisque la patiente n'utilisait pas de crèmes solaires. Elle se souvient alors qu'elle avait reçu des soins dentaires, la veille de l'apparition de la crise. La composition du pansement dentaire indiquera la présence du baume du Pérou auquel elle était allergique.

Au cours d'un voyage professionnel, un homme présente brutalement un épisode d'eczéma autour des lèvres. L'interrogatoire révèle qu'il est allergique au plastique du manche de la nouvelle brosse à dents qu'il venait d'acheter parce qu'il avait oublié la sienne. Les tests cutanés effectués avec des copeaux de plastique prélevés sur le manche se sont révélés positifs.

Une jeune patiente présente des épisodes de rhinite et de conjonctivite intolérables qui débutent lorsqu'elle pratique le judo et évoluent sur deux ou trois jours. Un premier bilan allergologique se révèle négatif. Pourtant, l'arrêt du judo entraîne la disparition totale des symptômes. Un an plus tard, la jeune femme présente des problèmes respiratoires sévères en pratiquant cette fois le jogging. La poursuite du bilan allergologique n'aboutit à aucun renseignement exploitable. Ultérieurement, un nouvel épisode allergique survient quelques minutes après qu'elle a mangé des crèpes surgelées au jambon et au fromage. Les tests pratiqués avec la sauce blanche sont positifs. Le médecin allergologue demande alors au fabricant la composition de la sauce. Sa recette révèle la présence de lécithine de soja. Le diagnostic d'allergie au soja est confirmé par les tests cutanés. Les problèmes rencontrés au cours du judo étaient donc provoqués par l'inhalation de poussières de soja contenues dans de vieux tapis remplis de paille de soja. De plus, la lécithine de soja se retrouvait dans certaines barres chocolatées que la patiente dévorait avant chaque effort sportif.

Un homme d'une quarantaine d'années présente un eczéma des testicules dont l'origine est difficile à déterminer. L'enquête révèle qu'il s'agit d'un eczéma par procuration, provoqué par le vernis à ongles présent sur les doigts de sa femme.

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