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L'immunothérapie (également appelée désensibilisation)
est, à ce jour, le seul moyen connu de faire régresser une allergie.
Son principe se rapproche du principe du vaccin. Comment ça
fonctionne ?
Votre corps reçoit de manière fréquente des doses d'un allergène
en quantité insuffisantes pour déclencher une réaction allergique.
A force, il prend l'habitude de la présence de cet allergène et
le considère de moins en moins comme un ennemi contre lequel il
doit réagir. Imaginez de plonger brutalement dans une eau glacée
: votre corps réagira brutalement et ne le supportera pas. Si vous
y rentrez lentement et petit à petit, vous y parviendrez - peut-être
- bien mieux.
L'immunothérapie dure entre 3 et 5 ans. Il faut donc être patient
et régulier dans le suivi du traitement. Elle est séparée
en deux étapes : une période de montée en puissance où vous recevez
des doses de plus en plus importantes à partir d'une dose très faible,
et une période d'entretien où la dose atteinte est répétée à dates
fixes (tous les 15 jours, à toutes les 6 semaines). Il existe dans
le cas du venin d'hyménoptère une désensibilisation accélérée, qui
se fait exclusivement en milieu hospitalier sur 2 ou 3 jours, mais
qui doit être suivie d'injections d'entretien toutes les 4
à 6 semaines au cabinet du praticien et ce pendant 5 ans.
Le produit qui va servir à la désensibilisation est
fabriqué pour chaque patient selon les indications de l'allergologue.
Sauf dans le cas du venin d'hyménoptère qui est identique pour tous
les sujets. L'allergologue fera ensuite progresser les doses en
fonction de la tolérance de son patient. Les injections se
font par voie strictement sous-cutanée et doivent normalement
être pratiquées par des médecins habitués
à manier les allergènes. Récemment, on assiste au
développement d'administration sublinguales.
Pour commencer une immunothérapie, il est nettement préférable
d'être dans un environnement sain, c'est-à-dire débarrassé de l'allergène.
Après six mois à un an, il faut pouvoir constater une amélioration,
à défaut de quoi l'immunothérapie se révèle inefficace et doit être
abandonnée.
Car l'immunothérapie ne marche pas à tous les
coups et pour tous les allergènes, notamment en
cas de sensibilisations multiples. Dr
Haddad Très efficace pour les acariens
ou le venin d'hyménoptères ainsi que pour les
pollens, elle est en général décevante dans le
cas des allergies aux animaux, aux moisissures
du fait de la mauvaise qualité des extraits commerciaux.
Elle est totalement contre indiquée pour les allergies
alimentaires.
Dr Guégnolle On observe 98%
d'efficacité pour les venins d'hyménoptères,
où la désensibilisation est le seul moyen d'éviter
le risque de mort subite en cas de repiqûre chez un patient
qui a déjà fait un accident grave (choc anaphylactique).
Pour les autres allergènes, l'immunothérapie a beaucoup
plus de chances de réussir si le patient n'a qu'une seule
allergie. La réussite de l'immunothérapie tient également
à la qualité des extraits disponibles :
- de 70% à 80% pour les acariens et les pollens de graminées
où les extraits sont de bonne qualité
- moins constante pour les pollens d'arbres (bouleau, noisetier,
chêne, frêne)
- peu satisfaisante pour les moisissures et les animaux (la désensibilisation
ne se pratique plus que très rarement pour les chats et les
chiens, et jamais pour les autres animaux).
- pour les aliments, il n'existe actuellement aucune désensibilisation
possible.
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