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jeudi 24 juillet 2008


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Les Allergies > Informations Générales > Fausses allergies alimentaire

Certains aliments, du fait de leur mode de préparation ou en raison de leur dégradation, contiennent de fortes quantités d'histamine. On les appelle des aliments riches en histamine. L'histamine est une substance qui intervient au cours de la manifestation allergique.

D'autres aliments entraînent une libération de l'histamine contenue dans l'organisme, mais sans passer par la médiation des IgE (ce qui complique le diagnostic) : ce sont les aliments histamino-libérateurs.

Ces aliments peuvent donc être responsables de fausses allergies alimentaires (FAA) qui n'ont pas grand chose à voir avec les allergies vraies.

 

La fausse allergie alimentaire donne des réactions a priori moins sévères que l'allergie alimentaire (voir Dossier du Dr Rancé ci-dessous). La sévérité des manifestations cliniques varie en fonction de :

-

la quantité d'histamine ingérée

-

la plus ou moins grande capacité de notre organisme à éliminer l'histamine au niveau de l'intestin et du foie.

On peut très bien être à la fois allergique et sujet à des fausses allergies alimentaires, ce qui complique singulièrement le diagnostic. Prenons le cas d'un aliment "histamino-libérateur" comme le blanc d'oeuf. Votre enfant déclenche des réactions de type allergique (eczéma, urticaire) en consommant du blanc d'oeuf. Vous le croyez allergique. Pourtant, les tests cutanés et sanguins s'avérent négatif. C'est peut-être que votre enfant ne dégrade (ou catabolise) pas assez bien l'histamine contenu dans le blanc d'oeuf. Dans ce cas, le régime alimentaire est moins strict que dans le cas d'une allergie vraie.



Dossier réalisé par le Dr Fabienne Rancé, allergologue à l'Hôpital des Enfants de Toulouse, et daté du 30 Avril 2000. Copyright SOS Allergies.

Les fausses allergies alimentaires se caractérisent par des manifestations cliniques mimant celles des allergies alimentaires authentiques, et par un mécanisme non immunologique de libération d'histamine. Les fausses allergies alimentaires sont moins fréquentes que les vraies allergies alimentaires. Le rapport est une fausse allergie alimentaire pour 4 vraies allergies alimentaires. Les fausses allergies alimentaires sont plus fréquentes chez le jeune enfant du fait d'un système enzymatique intestinal peu fonctionnel pour métaboliser l'histamine apportée par l'alimentation. Les explorations allergologiques sont négatives : tests cutanés, dosage des IgE spécifiques et tests de provocation alimentaire. Les signes disparaissent sous couvert de conseils diétiétiques, basés sur une diminution des apports en aliments riche en histamine, histaminolibérateurs ou riche en tyramine.


LES MECANISMES DES REACTIONS ADVERSES AUX ALIMENTS

Les réactions adverses après ingestion d'aliments reconnaissent divers mécanismes (figure 1). Parmi les réactions non toxiques, on oppose classiquement les réactions d'origine immuno-allergique (allergie) et les réactions non immunologiques (intolérance).

Classification des réactions adverses aux aliments (figure 1)

Effets néfastes des aliments Réactions toxiques Réactions non toxiques Allergie alimentaire Intolérance alimentaire IgE médiée Non IgE médiée Enzymatique Pharmacologique

Les fausses allergies alimentaires relèvent d'un mécanisme de libération d'histamine d'origine non spécifique. Les fausses allergies alimentaires sont le plus souvent en rapport avec un excès d'apport en aliments riche en histamine, histaminolibérateurs ou riche en tyramine en favorisant la dégranulation des mastocytes suivie d'une libération de médiateurs dont l'histamine est le chef de file.

Une enzyme intestinale, la diamine mono-oxydase (DAO), permet la dégradation de l'histamine. Cependant, chez l'enfant jeune, cette enzyme en quantité normale, apparaît moins fonctionnelle. Ce phénomène explique qu'une quantité importante d'histamine apportée par l'alimentation ne soit pas dégradée par l'enzyme intestinale et facilite la dégranulation des mastocytes avec libération d'histamine et apparition de symptômes mimant les allergies.

La perméabilité intestinale et la flore intestinale peuvent être modifiées par un excès d'apport en laitages ou un excès d'apport en féculents entraînant des signes cliniques identiques à ceux de l'allergie.

D'autres mécanismes non immunologiques sont relevés au cours des intolérances aux additifs et sont souvent particulier à chaque additif. Il peut s'agir d'une interférence avec la neuro-transmission GABA-ergique, d'une synthèse excessive d'acétylcholine, d'une anomalie des récepteurs, d'une inhibition enzymatique, d'un déficit enzymatique…

Tout se complique, car une même substance peut provoquer des réactions par différents mécanismes. Citons l'exemple de l'alcool. L'alcool peut être responsable d'une allergie alimentaire vraie, dirigée contre l'éthanol, les antigènes de céréales (whisky, bourbon), la pomme de terre (vodka), l'anis (pastis), la papaïne (bière) ou la quinine (apéritifs). Mais, il peut s'agir d'une réaction liée à la tyramine contenue dans certains vins blancs. On d écrit aussi des réactions liées à l'histamine des vins rouges et liqueurs, des intolérance aux additifs (sulfites, benzoates et colorants) ou d'un effet vasodilatateur de l'alcool.


LES SIGNES CLINIQUES DES FAUSSES ALLERGIES ALIMENTAIRES

Les signes cliniques sont toujours moins sévères que dans une l'allergie alimentaire. Ils correspondent généralement à des signes cutanés (eczéma, urticaire, angio-œdème) plus rarement respiratoires (toux, sifflements, asthme). Le choc anaphylactique n'est pas rapporté au cours des fausses allergies alimentaires. Un excès d'apport en aliments riche en histamine peut aggraver certaines dermatites atopiques.


COMMENT EVOQUER UNE FAUSSE ALLERGIE ALIMENTAIRE

Les explorations allergologiques habituelles sont négatives : prick tests, dosage des IgE spécifiques et même tests de provocation par voie orale (aux additifs ou aux aliments). L'enquête catégorielle alimentaire est essentielle pour le diagnostic d'une fausse allergie alimentaire. Elle consiste en une étude du relevé des aliments consommés pendant 7 jours. La quantité, le mode de préparation et de présentation (surgelés, conserves, frais) sont notés. Elle précise de manière détaillée les étiquettes et définit l'équilibre nutritionnel.

Les informations sont recueillies sur un document comportant une page par jour. Chaque jour est divisé en 7 colonnes intitulées: petit-déjeuner, déjeuner, goûter, dîner, boissons, médicaments et réactions. Les parents notent dans chaque colonne le nom et la marque de l'aliment, la quantité (une cuillère à soupe, un verre, une assiette), la composition exacte (en relevant les ingrédients sur l'étiquette ou en joignant l'étiquette), le mode de préparation (grillé, cuit, composition des sauces, nom et marque de l'huile utilisée).

L'analyse de l'enquête alimentaire, avec l'aide d'une diététicienne, dépiste un régime alimentaire trop riche en histamine, tyramine, laitages ou féculents.


TRAITEMENT

La simple diminution de la consommation des aliments indiqués dans les tableaux 1 et 2 fait disparaître les manifestations. Il est conseillé d'éviter le cumul de ces aliments au cours d'un même repas et de limiter la consommation de ces aliments à 3 par jour. Les apports alimentaires sont équilibrés en évitant les excès (laitages et féculents) et adaptés en fonction de l'âge. Le tableau 3 donne, à titre indicatif, un exemple d'alimentation chez l'enfant permettant de réduire les apports en aliments riche en histamine ou histaminolibérateurs.

CONCLUSION

Les fausses allergies alimentaires sont moins fréquentes que les vraies allergies alimentaires. Le mécanisme n'est pas immuno-allergique. Cependant, les signes cliniques miment ceux de l'allergie alimentaire, sans être aussi sévère. Elles sont plus fréquentes chez le jeune enfant du fait d'un système enzymatique intestinal peu fonctionnel pour métaboliser l'histamine. La diminution de la consommation des aliments riche en histamine, histaminalibérateurs ou riche en tyramine permet la disparition des manifestations.




Les principaux aliments riches en histamine ou histaminolibérateurs, et riches en tyramine (Tableau 1)

 

 

Aliments riches en histamine ou histaminolibérateurs

Aliments riches en tyramine

 

Blanc d'oeuf

Chocolat

Fromages

Fromages fermentés
(emmental, parmesan, roquefort, gouda, camembert, cheddar)

gruyère, brie, roquefort

Viande
Charcuterie

saucisson sec, jambon, foie de porc
et toute la charcuterie emballée

Gibier faisandé

Poissons
Coquillages
Crustacés

thon, sardine, saumon, anchois, hareng, conserves de poisson (thon, anchois, maquereau, oeufs de poisson), poissons séchés, poissons fumés

NB : pour les poissons, quantité variable selon la fraîcheur

harengs marinés, conserves de poisson, poissons fumés

Légumes

tomate, épinards, petit pois, choucroute, lentilles, haricots, fèves

tomates, choux, épinards

Fruits

fruits frais, jus, confitures, glaces et sorbets
Banane, fraises, agrumes (orange, pamplemousse, citron, mandarine, clémentine)
Ananas, papaye, mangue
Noix, noisette, cacahuète

avocat, figue, raisin

Chocolat
et cacao

barre, poudre, bonbons, pâtisserie, glace, crème, boisson, poudres pour petit-déjeuner cacaotées, céréales pour petit-déjeuner au chocolat

 

Alcool

bière, vins, cidre, liqueurs

levure de bière, vins blancs, vins rouges

 

Exemples de quantité d'histamine contenue dans les aliments (Tableau 2)

Pour les poissons, la quantité d'histamine est inversement proportionnelle à la fraîcheur.

Poissons

 

thon < 0,1 à 13 000 mg/kg

 

sardine 110 à 1500 mg/kg

 

anchois 176 mg/kg

 

 

 

Fromages

 

emmental 390 mg/kg

 

gouda 29,5 à 180 mg/kg

 

camembert 35 à 55 mg/kg

 

 

 

Charcuterie

 

salami 38 à 159 mg/kg

 

 

 

Légumes

 

épinards 38 mg/kg

 

tomates 22 mg/kg

 

 

 

Vins et bières

 

 

vin rouge 600 à 3800 mg/l

 

vin blanc 3 à 120 mg/l

 

champagne 15 à 670 mg/l

 

bière 21 à 305 mg/l



Exemple d'alimentation chez l'enfant permettant de réduire les apports en aliments riche en histamine ou histaminolibérateurs (Tableau 3)

L'alimentation doit être adaptée à l'âge de l'enfant et équilibrée.

Petit - déjeuner

 

lait ou laitage nature + sucre

 

pain ou biscottes + beurre et confiture

 

céréale

 

 

 

Déjeuner et Dîner

 

viande ou équivalent (uniquement déjeuner)

 

légumes verts crus ou cuits

 

pommes de terre, pâtes, riz, semoule, légumes secs

 

fromage ou laitage nature+sucre

 

fruit ou compote

 

pain

 

 

 

Goûter

 

produit laitier (lait, laitage, fromage)

 

pain, biscotte, céréales

 

fruit

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