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L'allergie est souvent présentée comme le mal du XXI ème siècle. On parle
du pollen comme de la "pollution verte". Qui ne sait pas ce qu'est un
acarien aujourd'hui ? L'allergie est un thème tellement abordé de
nos jours qu'on oublie qu'elle était pratiquement inconnue au début du
siècle.
A l'aube du XXI ème siècle, il nous est paru important de faire un retour
sur ces 100 ans qui viennent de s'écouler. Ne serait-ce que pour mesurer
les progrès réalisés dans la connaissance de ce phénomène… et ceux restant
à faire.
A qui d'autre demander cet exercice, qu'à l'allergologue
Paul MOLKHOU, témoin vivant de ce siècle de découvertes et amis
de certains des grands noms de l'allergie cités ci-dessous.
Les premières découvertes scientifiques sur l'allergie remontent à la
fin du XIX ème siècle, mais des manifestations
allergiques ont été observées depuis des siècles.
Voici quelques hommes célèbres…
2650
avant JC
Le premier allergique connu est Ménes de
Memphis Pharaon de la 1° Dynastie, mort dans des
circonstances confuses. Il a été tué par une piqûre
de "Kheb", mot qui signifie aus si
bien l'hippopotame que guêpe. Il est en fait supçonné
d'avoir été allergique au venin
d'hyménotère.
41 après JC
L'empereur romain Britannicus est le second allergique connu de
l'histoire, mais le premier de l'ère Chrétienne. Britannicus ne pouvait
monter à cheval sans présenter tous les signes d'une réaction anaphylactique
aux squames de chevaux. Pas facile de conquérir le monde dans ces
circonstances.
1483
Richard III d' Angleterre est le troisième
allergique connu pour ses réactions cutanées immédiates
après l'ingestion de fraises. C'est ainsi qu'il
put se débarrasser de certains de ses ennemis
en les invitant à un repas où il
se faisait servir des fraises, puis en prétextant
qu'ils avaient voulu le tuer avec des fraises
empoisonnées.
L'allergie touche donc tout le monde et depuis des siècles. Les anecdotes
sont multiples, les écrivains allergiques en sont une bonne source
:
- Marcel Proust, un asthmatique célèbre, présente sa première
crise d'asthme en 1880, à l'âge de neuf ans lors d'une promenade au bois
de Boulogne. C'est un polyallergique aux pollens de graminées et à la
poussière de maison (à cette époque, les acariens n'étaient pas connus)
- Raymond Queneau , asthmatique , n'a pas écrit à propos de son
asthme mais tous les personnages de ses romans parlent d'asthme de façon
très pertinente.
Après ces quelques passages récréatifs, branchons la machine à remonter
le temps.
Au début des années 1900 des progrès importants vont permettre
de mieux comprendre les mécanismes de la réponse allergique.
La découverte de l'IgE
a été une véritable percée dans le domaine de l'allergologie. Au début
du 19 ième siècle, avaient été décrits les premiers cas de rhume
des foins attribués à des pollens. Ce n'est que 100 ans plus tard en 1921
que PRAUSNITZ et KÜSTNER firent le rapprochement avec un facteur
présent dans le sérum.
Cette merveilleuse aventure commence donc en réalité bien avant 1921…
… Au cours de l'année 1871, Charles H. Blackley
rapporte pour la première fois que les symptômes décrits en 1819
par John Bostock sous le terme de "CATARRHUS AESTIVUS" sont dus
aux grains de pollens. Wyman en 1872, met l'accent sur les
prédispositions familiales du rhume des foins dus aux pollens.
C'est d'abord en Angleterre que Sir Henry Dale (1875-1968)
et Sir Patrick Playfair Laidlaw (1881-
1940) décrivent l'histamine comme une puissante
substance vasoactive. Dale étudiera pendant
de nombreuses années le rôle et les effets de
l'histamine.
En
1902, Charles Richet (Prix Nobel
1913) et Paul Portier, en découvrant l'anaphylaxie,
deviennent les fondateurs de la discipline " Allergologique
".
Dés 1903, Von Pirquet ,
médecin autrichien, crée le terme "Allergie" (allos,
autre, ergon, action) en développant une théorie
dans laquelle la présence à la fois d'une substance
étrangère, que nous appelons actuellement allergène
et de l'hôte contribuent à déclencher la maladie.
En 1905, Von Pirquet décrit avec Bela
Shick , médecin d'origine hongroise, la maladie
sérique (Réaction retardée, : urticaire,
douleurs articulaires, atteintes reinales, fièvres...).
Au cours des quinze années suivantes, on assiste
à une série de découvertes qui vont conduire au
concept et à la procédure d'une désensibilisation
(immunothérapie) dans l'allergie ( Noon et
Freeman 1911- 1914).
A la même époque , Schlosman et Finkelstein
(1905) en Allemagne, et Hutinel (1908) en France,
décrivent les accidents sévères, voire mortels de type immédiat après
ingestion de lait de vache.
Schloss, dès 1912 , propose les tests cutanés (cutiréaction
ou scratch) dans le diagnostic de l'allergie alimentaire.
En 1914, Talbot, pédiatre américain utilisant
le scratch test, rattache l'asthme à une "intoxication" alimentaire par
l'œuf . Ses travaux ont contribué à jeter les bases des futures études
sur l'allergie alimentaire de l'enfant.
C'est en 1916 que Cooke,
figure réputée dans le domaine de la recherche
en allergie aux ÉTATS-UNIS, et Vander Veer
introduisent la notion d'un facteur héréditaire
dans les maladies allergiques. Dans le premier
volume du Journal of Immunology,
ils décrivent les réactions immédiates cutanées
chez des patients porteurs d'affections allergiques
courantes. Devant la multiplicité de ces affections
fréquentes, ils conclurent que de tels sujets
appartenaient à un groupe capable de se sensibiliser
d'une manière naturelle à certaines protéines
auxquelles leur environnement et leur style de
vie les exposaient fréquemment. Ces auteurs considéraient
ce phénomène comme analogue à l'anaphylaxie.
En 1919, Maximilien A. Ramirez, médecin new-yorkais (1891-1946),
rapporte un cas inhabituel d'asthme dans "
The Journal of the American Medical Association
". Un patient
sans antécédent allergique connu reçoit une transfusion
sanguine pour anémie. Deux semaines après cette
transfusion, ce patient monte dans une calèche
tirée par des chevaux pour une promenade à travers
Central Park. A l'instant même, il présente une
gêne respiratoire qui se transforme rapidement
en crise d'asthme nécessitant un traitement d'urgence.
Le matin suivant, dans les mêmes circonstances,
la crise se renouvelle.
Après une longue enquête, le Dr Ramirez
put déterminer l'origine des crises d'asthme de
son patient. Le donneur du sang transfusé à ce
patient a pu être retrouvé. On apprit qu'il était
asthmatique et allergique aux squames de chevaux,
ce que Ramirez appela comme facteurs de
risques transmissibles : les "corps anaphylactiques".
Cette première observation mondiale indique bien
qu'un facteur présent dans le sérum
peut-être impliqué dans les mécanismes
déclenchant un asthme.
Deux ans plus tard , Otto Carl Prausnitz (Giles) (1876-1963) et
Heinz Küstner (1897-1963) réalisent leur expérimentation classique
connue depuis lors comme le PK test ou test de transfert passif.
Du sérum
de Küstner, allergique au poisson cuit
est injecté en petite quantité( 0.05à 0.1ml) au
niveau du bras de Prausnitz qui lui n'est
pas allergique au poisson. 24 heures après, Prausnitz
est testé avec un extrait de poisson au même endroit
(0.02ml). Pour la première fois de sa vie, il
présente un test cutané positif au poisson: papule
(oedème) et érythème (rougeur).
Cet événement ne pouvait s'expliquer
que par la présence dans le sérum de Küstner d'un
facteur capable d'entraîner une réaction cutanée
immédiate. Ce facteur fut baptisé plus tard Réagine,
par référence aux rougeurs visibles
sur la peau. De nombreuses années passèrent avant
de savoir que la Réagine était une IgE. Ces deux
auteurs réalisèrent que ce facteur pourrait être
une méthode de diagnostic spécifique pour identifier
soit un antigène soit un anticorps.
Il est important de signaler que Prausnitz (lui même allergique aux
pollens) et Küstner essayèrent en vain de reproduire
le même phénomène avec du sérum d'un sujet sensibilisé
aux pollens.
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Description
de la réaction anaphylactique de Küstner âgé de 24 ans connu pour
être "supersensible au poisson" depuis l'âge de 6 ans.
article publié en1921 ( à l'Institut d'Hygiene de
l'Université de Breslau) par Otto Carl Prausnitz et Heinz Küstner
''1/2 heure après l'ingestion de
la moindre trace de poisson d'eau de mer ou d'eau douce , apparition
: " d'une démangeaison au niveau du cuir chevelu, du cou et du bas
ventre, avec une sensation de sécheresse dans la gorge ; peu de
temps après, gonflement et congestion des conjonctives, congestion
sévère et sécrétions de membranes muqueuses des voies respiratoires,
avec crise intense d'éternuements, toux d'irritation, raucité de
la voix, dysphonie (gêne de la voix) et forte dyspnée (gêne respiratoire)
inspiratoire. La peau devient entièrement érythémateuse (rougeurs)
surtout au niveau de la face avec la présence de nombreuses papules
(élévation de la peau) confluentes, prurigineuses
mesurant 1 à 2 cm. Aucune transpiration n'a été notée.
Deux heures après, apparition d'une importante salivation suivie
de vomissements, après quoi les symptômes s'estompent progressivement.
La température, les fonctions cardiaques et rénales ont toujours
étaient normales.10 à12 heures après, tous les symptômes avaient
disparu. Seule persistait une sensation d'extrême faiblesse pendant
à peu près un jour. Après chaque attaque, survenait une période
d'oligurie (peu d'urine) et de constipation, phénomènes probablement
liés à la déshydratation et aux vomissements, mais peut être, serait-il
préférable d'expliquer cela par la rétention d'eau comme celle rencontrée
au cours de la maladie sérique (Réaction retardée,
: urticaire, douleurs articulaires, atteintes reinales, fièvres...).
Les auteurs signalent également comme une forme mineure de cette
maladie, la constatation par Küstner de l'apparition d'une urticaire
au niveau de lèvres lors du contact avec de la colle de poisson.
Tous ces signes et symptômes d'hypersensibilité au poisson ne sont
pas d'ordre psychologique. Ils sont fréquemment survenus lorsque
Küstner avait mangé une fois du poisson à son insu, ayant pris,
par exemple, du thon pour de la viande et une autre fois du persil
qui avait été coupé sur une planche qui avait servi auparavant à
préparer des anchois. Par contre, Küstner pouvait manger du caviar
sans problème. La substance active semblait se trouver dans la chair
des poissons à arêtes et chose curieuse, ce patient supportait le
poisson cru et non le poisson cuit sous toutes ses formes.''
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Nous avons jugé opportun de reproduire le texte
original, tant est saisissant et d'actualité,
la description des signes d'anaphylaxie alimentaire,
de l'urticaire de contact et des réactions par
contamination.
Travaillant simultanément mais indépendamment de Praustnitz et
Küstner, Arent de Besche, médecin
norvégien, entreprit les mêmes expériences, sur
une plus grande échelle. Au courant des travaux
de Ramirez, il avait noté que certains
sujets vaccinés contre la diphtérie présentaient
une rhino conjonctivite et de l'asthme dès
qu'ils étaient en contact avec des chevaux.
Enfin dés l'hiver 1920- 21, il réussit à induire une anaphylaxie
locale en soumettant un collègue volontaire à des injections de sérum
d'un sujet asthmatique allergique au cheval. Testant le sujet 24 heures
plus tard, il obtint une réponse positive. De Besche renouvela
ses essais avec des sérum de sujets asthmatiques allergiques au chat ou
aux pollens.
La démonstration que le sang de sujets hypersensibles contenait une
substance capable de déclencher une allergie suscita
d'immenses recherches. Pendant plus de 40 ans,
de nombreux chercheurs se sont efforcés à élucider
les données cliniques et immunologiques des Réagines
( qui seront connus plus tard sous le nom d'IgE).
En 1923, Arthur Fernandez COCA (1875-1959), un des premiers
collaborateurs de COOKE décrit le concept
d'atopie ou "maladie étrange", réaction bizarre
inclassable , qui vient du grec : a (privatif)
et topos (lieu).
C'est une pathologie de réactions dans laquelle on retrouve des affections
apparemment aussi éloignées que le rhume des foins , l'asthme, l'urticaire
ou l'eczéma rencontrées soit chez le même patient, soit dans la même famille.
Cependant, COCA signalait que cette hypersensibilité n'était pas
transférable passivement et n'était pas analogue à l'anaphylaxie expérimentale
chez l'animal. Il semble qu'il n'était pas au courant des travaux originaux,
deux ans auparavant, en1921, en Allemagne, de PRAUSNITZ et KÜSTNER,
qui venaient de démontrer qu'il existait un anticorps candidat présent
dans le sérum des sujets allergiques et capable de transférer l'hypersensibilité
immédiate au niveau de la peau de sujets normaux.
Cependant, en 1925, Coca et Grove ont, par la suite,
poursuivi leurs recherches sur l'atopie en rapportant que ce facteur sérique
plus tard identifiés "IgE" avait des propriétés exceptionnelles qui le
différenciait des autres anticorps.
Bien que ne traversant pas le placenta, ce facteur pouvait être transmis
lors d'une transfusion sanguine entraînant une sensibilité allergique
temporaire. Coca, se basant alors sur les travaux de Praustnitz
et Küstner, conclut qu'aucun anticorps ne pouvant être détecté
in vitro. Ces manifestations devaient être appelées atopiques" . Il désignait
l'antigène responsable de l'hypersensibilité comme "atopen" et l'anticorps
correspondant comme "réagine atopique".
Après les travaux de Ramirez et de Praustnitz et Küstner
, les recherches continuent sur la même voie du
transfert passif, mais Waltzer et Bruner ne s'arrêtent
pas là.
En 1928 , Waltzer en collaboration avec Brunner, sensibilisent
passivement des volontaires avec des injections intradermiques (dans le
derme, partie profonde de la peau) de 0.05ml de sérum de patients allergiques
au poisson, et injectent également du sérum de sujets non allergiques.
24 heures après, les volontaires ingèrent du poisson. En quelques
minutes et pendant 1 heure, apparaît une réaction cutanée ( papule et
érythème) à l'endroit sensibilisé chez plus de 90 % des sujets. Cette
réaction va persister pendant quelques heures.
Ces études illustrent bien la rapidité avec laquelle des protéines alimentaires
intactes peuvent être absorbées et réparties dans tout le corps après
leur ingestion.
En 1935, Robert Anderson COOKE (1880 -1960) et Mary
Hewit LOVELESS (1899-1991) décrivent l'élévation
du taux des "anticorps bloquants" (anticorps thermostables,
résistant à la chaleur), à la suite d'injections
d'extraits allergéniques. Ils ouvrent ainsi une
nouvelle ère de recherches dans le mécanisme de
la réponse allergique. Ce n'est qu'après les grands progrès réalisés
dans les années 1950, aussi bien en immunochimie
qu'en immunologie, qu'il devint évident que cette
réagine était associée aux anticorps. Ceux des
classes IgG, IgM et IgD furent exclus.
Cependant entre 1962 et 1964, l'IgA, qui semblait avoir un rapport
avec l'activité réaginique, fut définitivement
exclue lorsque Mary LOVELESS publia un
cas d'activité réaginique chez un patient déficient
en IgA.
En 1965, Denis Raymond STANWORTH (né en 1928) chercheur
anglais, donne des informations précieuses sur
les réagines. Dans un article publié dans Allergy
"The discovery of IgE" (1993, 48: 67-71),
il relate comme dans un roman policier, tous les
évènements auxquels il a été intimement lié dans
la découverte de cette nouvelle immunoglobuline. Au cours de ces mêmes années, le couple Teruko et Kimishige
ISHIZAKA, aux USA, en travaillant sur les
pollens d'ambroisies, isolent une fraction riche
en réagines à partir du sérum d'un sujet très
sensible à l'ambroisie. Cette fraction injectée
à des lapins produit des anticorps. Après plusieurs
mois, ils obtiennent un antisérum qui satisfait
leurs demandes : mélangé au sérum du patient riche
en réagines, l'activité de la réaction PK disparaît.
Ainsi les ISHIZAKA avaient démontré que
les réagines appartenaient à une classe inconnue
d'immunoglobuline qu'ils appelèrent "globuline
gamma E"
A la même époque que les Ishizaka et indépendamment d'eux, Hans
Bennich (né en1930) et S.G.O. Johanson (né en1938) en Suède,
découvrent chez un patient atteint d'un myélome (cancer de la moelle),
une protéine atypique en grande quantité, qu'ils appellent la protéine
ND, des initiales du malade.
Avec l'aide de L. Wide, ils montrent que cette Ig ND est bien présente
dans le sérum de sujets normaux mais en très faible quantité.
Poursuivant leurs travaux, ils découvrent que des patients asthmatiques
allergiques et/ou atteints de rhume des foins présentent des taux élevés
de Ig ND. Avec la collaboration de chercheurs britanniques dont STANWORTH,
ils mettent en évidence que de petites quantités de IgND bloquent la
réaction de Prausnitz Küstner.
Les deux équipes conclurent, après une étude
approfondie de leurs résultats, qu'ils avaient
travaillé sur la même immunoglobuline. La conférence
de l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé) de
Lausanne en 1968 officialisa la découverte
d'une cinquième classe d'immunoglobuline sérique
humaine sous le nom d'IgE.
La découverte en 1921 par Praustnitz et Küstner d'un facteur sérique
chez des sujets allergiques, capable de transférer une hypersensibilité
immédiate au niveau de la peau de sujets normaux, a connu de nombreuses
applications. Malheureusement, même pendant la période de pré-SIDA, le
risque de transmettre les virus de l'hépatite a été un terrible handicap
pour généraliser cette méthode. Elle a néanmoins ouvert la voie royale
pour la découverte 46 ans après de l'IgE.
Trente quatre ans se sont écoulés depuis la découverte de l'IgE qui
n'a pas encore dévoilé tous ses secrets. Aujourd'hui
des méthodes utilisant des anti-IgE vont
ouvrir une nouvelle voie dans le traitement des
allergies. A suivre…
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